On m'avait prévenu qu'ici le rythme n'était pas le même. On parle beaucoup de "mora-mora" (à prononcer moura-moura), ça signifie quelque chose comme tranquile, doucement. Ici tout est plus ou moins mora-mora (sauf en voiture je trouve, j'en parlerai souvent je pense de ça jusqu'à ce que je m'y fasse). On panique rarement, les choses sont comme elles sont, on vit au rythme du soleil et on ne se pose pas mille questions sur ce qu'on n'a pas fait hier et les milles choses qui nous attendent demain.
Au travail, j'ai ressenti un peu cette ambiance. Et je pense que mon très futur rôle de chef sera surtout de faire garder le rythme à l'équipe et rappeler les impératifs et les délais des projets en cours.

Pour l'instant je suis en phase d'observation pour bien apprendre mon nouveau métier. 

Je me retrouve donc dans une zone franche qui fabrique des déguisement principalement, il y a environ 700 personnes qui y travaillent. L'activité est complète, on a des ateliers de tissage, teinture, couture, emballage... Je suis en pré-production, c'est à dire que je travaille au niveau des prototypes des déguisements, je vois leur naissance en quelque sorte, avant qu'ils soient validés par le client et envoyés en production massive. 

Ce qui m'a frappé, très vite, c'est la capacité qu'ont les malgaches à rester calme face à des retours clients parfois à rendre fou, incompréhensibles ou les fameux "finalement c'était bien sur le premier essai"... (grosse pensée pour mes anciens collègues, surtout toi Estelle qui fascinerait tellement ici pour t'emballer aux simples mots "j'ai une modif"). Parfois, on voit que le changement les embête, que ça va demander quelques heures de retouches, mais ils relativisent et font ce qu'on leur demande.

Après, il va falloir que je me fasse au fait qu'on m'appelle "Madame Nathalie". Quand je suis arrivée, le premier jour, je disais aux chefs patronniers, les trois personnes avec qui je travaille directement, de m'appeler simplement Nathalie. Mais l'une d'entre eux m'a avoué que c'était la première fois qu'un de ses chefs lui permettait de l'appeler simplement pas le prénom sans dire "madame"... 

Tout ça pour dire que le début de ma nouvelle activité me plaît, j'aime beaucoup découvrir le monde des tissus et de la confection, en plus dans une ambiance plutôt zen (mais pas à 100% zen non plus hein, il faut toujours un peu de pression pour que tout fonctionne). Encore quelques jours de formation avant de me lancer pleinement dans ma nouvelle activité.